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29 novembre 2020

A qui la faute?

Par : Junior LUC

215 ans d’existence, l’âge d’un géant. L’âge qui nous a coûté toutes nos forces. Nous devons en être fiers. Les luttes menées pour se tenir la tête hors de l’eau en tant que peuple depuis 1804 jusqu’à date constituent notre statu quo. La toute dernière sortie de sa géhenne de la population remonte en février 1986. Ce peuple, pratiquement muselé, depuis son existence, a voulu, une fois de plus, présider sa vie. Toutes les revendications du peuple haïtien au cours de son histoire ont eu lieu dans le souci de booster le pays.

Malheureusement, 215 ans après, le pays souffre d’un rachitisme. Quelle nonchalance?

Effectivement, on peut envisager l’avancement d’un pays de plusieurs façons. La symphonie existant entre la constitution et les pratiques quotidiennes constitue l’une des manières incontournables. Si l’on se réfère à la définition de Charles de Gaulle « Une Constitution, c’est un esprit, des institutions et une pratique ». C’est-à-dire, un rêve qui dicte les actions. Alors que, depuis mars 1986, nous avons remarqué, pour répéter Gary Olius, que la constitution amendée gangrène de manière systémique le pays. Toujours selon le Spécialiste en Administration Publiques, cet amendement pernicieux constitue un système de démocratie entrée-libre.Ce n’est pas un accident, si aujourd’hui nos parlementaires ont des « alias » après leur nom.

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La deuxième piste, qui aussi fait partie de la première, est la façon dont on conçoit le système éducatif. Pour paraphraser ce message venant de l’Afrique du Sud, « Détruire un pays ne nécessite pas l’utilisation des bombes atomiques ou l’utilisation des missiles à long portée, il suffit de baisser la qualité de l’éducation » pour nous autres, nous n’avons même pas pris le temps de la baisser, nous avons tout juste la traitée comme quantité négligeable. Et l’une des preuves est la quantité d’abstention aux dernières élections. Les cadres intellectuels ne se montrent pas intéresser aux scrutins parce que c’est avoir qui donne le pouvoir. Après toutes ces années, nous ne sommes pas encore en mesure de donner de bons exemples aux jeunes. Au lieu de les encourager, nous les suscitons de fuir, et le reste nous le présentons des parlementaires à compétences douteuses.

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Le schéma est trop simple. Savoir ne donne pas de pouvoir
Dans un système pareil, personne ne peut rien espérer de bon. Sinon les manifestations sempiternelles de professeurs et des élèves dans les rues. Et des politiciens qui remplacent nos artistes. Plus d’un se demande est ce que les fous d’autrefois n’étaient moins ringards que nos politicards actuels ? N’auraient-ils pas mieux joué dans des pièces théâtrales qu’au parlement ? en tout cas Le pays souffre. Mais à qui la faute?

Paru le 22 mai 2018

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