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28 novembre 2020

Il faut s’en vouloir pour resoudre l’énigme du fatras en Haïti

Par Carlens NAPOLEON.
Le Philanthrope

Un amas de fatras, c’est ce qu’on peut remarquer dans tous les coins et recoins de la capitale notamment dans l’aire du champ-de-mars. La mairie est impuissante, le pouvoir central est absent pourtant les immondices deviennent de plus en plus présentes grâce au silence complice des citoyens zombifiés et inactifs. Plus d’un estime que ce phénomène est une bombe à retardement.

Il est clair que l’insalubrité et la saleté que connaissent la ville de Port-au-Prince et certaines villes de province notamment le Port de Paix, arrivent à un point où elles ne dérangent personne. Parfois mêmes les maires ou les mairesses parviennent à faire fi de cette situation déplorable. Chez les citoyens, au lieu qu’ils se débrouillent pour corriger ce mal, ils cherchent de préférence à s’adapter ou à se conformer au gré de cette condition malpropre. Par cette manière, ce fait pourrait automatiquement devenir un sujet d’étude scientifique méritant d’être traité dans des laboratoires afin de redéfinir l’être haïtien d’aujourd’hui. Ici on vit, on mange et on fête avec les détritus. Certaines fois, ils nous servent d’adresse pour identifier nos maisons et quelques institutions publiques sans faire la tête.

Certains pays comme les États-Unis, le Canada, le Mexique utilisent ses ordures à des fins utiles. Ils servent avec elles dans des industries de récupération et de transformation. Pour ce faire, ils ont établi un système de tri pour qu’on puisse faire la gestion et la classification des déchets en fonction de leur provenance. Ceux qui sont notamment, organique, plastique, biodégradables et non-biodégradables. Pourtant, chez nous, on mélange tout. Ce que nous en avons dans nos pourbelles, nos canaux, nos égouts, nos dalots et autres, devrait avoir un autre nom. Il est pire que fatras. Sinon, on l’aurait vendu aux autres pays afin de les transformer sous forme d’objet utile.

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Au fait, tout le problème se situe au niveau de notre formation. Ils sont beaucoup les gens peu fortunés qui, d’une part, attendent la pluie ou le soir pour se débarrasser des déchets en leur jetant à la course des petits courants d’eau circulant au trottoir. D’autre part, il y a des gens aisés qui paient des éboueurs pour se débarrasser de leur déchets sans savoir où ils vont finalement les jeter. Dans ce sauve-qui-peut généralisé, chacun cherche à sauver leur peau sans aucun mécanisme pour amortir le choc environnemental.

Face à cet état de fait, il faut se prendre la tête. Car, nous ne pouvons pas parfaitement nous épargner des mouches, des cafards, des odeurs puantes, des maladies infectieuses et des autres inconséquences dues à cette situation provoquée par nos propres mains. Les animaux, les arbres et les bestiaux ne sont plus l’auteur de cet acte. Nous sommes les premiers producteurs de fatras des rues et c’est nous qui, par la suite, sommes les premières victimes de cette imprudence à part des animaux, des arbres elatriye.

A cet effet, la plus grande decision pour combattre ce fléau doit être un engagement individuel au bien-être de la collectivité. Si chacun cherche à s’engager dans cette cause, on aurait seulement besoin la présence de l’Etat pour coordonner et embrasser nos actions citoyennes. Dans ce combat visant à résoudre cette question, l’Etat devra accuser le coup. Il a son mot à dire en cherchant à promouvoir les déchets biodégradables. Les autorités étatiques doivent prendre des mesures de restriction contre les produits en polystyrène, créer des centres de récupération des déchets et des sites de décharge afin de les évacuer à temps.

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L’environnement reste et demeure un bien commun. Ce qui fait qu’une lutte contre le fatras et les autres choses menacant de le détruire, devrait-être une lutte de tout un chacun et une action significative pour une prise de conscience de soi-même. En democratie, le citoyen n’a pas seulement des droits mais aussi des devoirs. Face à ce phenomène, n’est-il pas nécessaire de jouer ou d’exercer plutôt nos devoirs de citoyen ? Une lutte pour contrecarrer les ordures de rue peut-elle se faire sans l’engagement direct des citoyens de la cité?

Tous droits réservés.

Paru le 11 Juin 2018

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