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3 juin 2020

Gilets Jaunes et Petrochallenge: deux véritables mouvements populaires.

Ceci est devenu une évidence: de grands appels à la mobilisation citoyenne peuvent se lancer, désormais sur le web, notamment, au travers des médias sociaux (Facebook, whatsapp, Twitter, Youtube, etc.). Au cours de ce siècle, on enregistre de nombreux meneurs de lutte qui les ont utilisés pour sensibiliser et appeler les citoyens à manifester contre un fait d’intérêt public et collectif. Nous remontons, à propos, aux vastes mouvements de contestation populaire entrepris par plusieurs pays du monde Arabe en décembre 2010.

Gilets Jaunes et Petrochallenge: deux véritables mouvements populaires. 1

Par Carlens NAPOLEON
Le Philanthrope.
Lecture: 4 minutes.

Par rapport aux clivages idéologiques existant dans les médias traditionnels de l’époque, on comprend rapidement que ces mouvements révolutionnaires nationaux, connus sous l’expression «Printemps Arabes», ne seraient rien, si l’on ne faisait pas l’usage des réseaux sociaux et des géants du Net dans le cadre de la diffusion des messages qui y sont relatifs. Les canaux de communication utilisés lors de ce printemps Arabe que les théoriciens des relations internationales ont souvent tendance à comparer au printemps des peuples et au printemps de prague (1848), sont devenus les véritables mobiles auxquels se meuvent certains mouvements de protestation aujourd’hui. Ce dernier est inéluctablement similaire aux mouvements que connaissent Haïti, Belgique et la France ces derniers jours en termes de moyens et mécanismes utilisés pour mettre en question le statu quo.

Depourvus de toutes lignes idéologiques, les réseaux sociaux servent de repère aux différents cris de ralliement et représentent la voie idéale à prendre pour sensibiliser l’opinion publique sur un sujet d’ordre commun. De par leur mode d’utilisation, on peut les comprendre comme étant une arme à double tranchant. D’une part, on peut les utiliser pour détruire et d’autre part, pour construire. Malgré les critiques néfastes tenues à l’égard d’eux, ça n’empêche qu’on constate que ces plateformes sont à l’origine de plusieurs luttes menées contre la nonchalance et le mauvais comportement des dirigeants politiques et favorisent de façon plus commode et prompte l’interconnexion des citoyens autour d’un même truisme.

Dans ce rallye heuristique, nous osons dire que Gilets jaunes et petro-challenge sont deux mouvements populaires parce qu’ils sont, non seulement, partis du peuple, mais aussi soutenus par le peuple. La trajectoire dans laquelle ils se sont engagés, consiste à demander aux dirigeants politiques de donner satisfaction aux revendications des membres de la société. Plus loin, ils sont également des veritables mouvements démocratiques au sens de Marcel Prélot car, ces derniers ont trouvé le consentement et le soutien du plus grand nombre de citoyens actifs de leur société. Autrément dit, ces deux mouvements écartent tous les caractères d’ordre singulier. Ils sont manifestement soutenus par plusieurs dirigeants de grands partis politiques et mouvements politiques de ces deux pays en question. Il faut dire qu’il existe certaines différences puisqu’il s’agit de deux pays différents qui n’ont pas les mêmes réalités socio-économiques.

Le mouvement des gilets jaunes est la cristallisation d’un mécontentement massif des Français sur le pouvoir d’achat, dont le révélateur est le carburant. Tandis que, le mouvement de petro-challenge est le ras-le-bol de la majorité des haïtiens contre l’ordre politique établi dont l’élément déclencheur est le petrocaribe. Les bases sur lesquelles repose l’ordre politique haïtien, sont contestées énergiquement par le plus grand nombre de citoyens. Ces deux mouvements nés dans les mêmes époques, soit à la fin de l’année 2018, représentent, à eux seuls, une epée de Damoclès suspendue sur la tête des autorités étatiques de ces deux pays. Au cas où, elles n’arriveraient pas à apporter une réponse ad hoc à ces préoccupations continuelles des habitants, les résultats seront funestes et risqueront de deboucher sur une veritable crise sociale et politique sans précédent à l’intérieur de ces deux républiques.

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Après tant de manifestations, ce mouvement de gilets-jaunes qui avait axé à l’origine sur la hausse des prix du carburant automobile, s’élargit à d’autres revendications ayant rapport avec le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires. Certains d’entre-eux (les gilets jaunes) poussent encore plus loin le bouchon en ayant la volonté de renverser les élites qu’elles soient politiques ou syndicales et dissoudre l’Assemblée nationale. Cette levée de boucliers à forte dimension sociale arrive même à mettre le mandat du président Macron en question en réclamant formellement sa démission. A cet effet, on peut alléguer que les gilets jaunes ont déjà franchi une étape très poussée dans le cadre de leurs luttes que les petrochallengers n’atteignent pas encore. Outre, samedi dernier, soit le 24 novembre, ils ont failli mettre le feu aux poudres sur l’avenue des Champs-Élysées ordinairement appelés place de la Concorde lors d’une manifestation se terminant sous l’effet des tirs de gaz lacrymogène et des lances à eau.

Par ailleurs, le mouvement de petro-challenge ayant au moment de sa genèse la question du petro caribe, se décline en une lutte pour le changement sommaire de ce système politique réputé pour ses actes de corruption et ses actions politiques stériles et nombrilistes. Question de réclamer la démission du président, comme demandent les gilets-jaunes, n’est pas encore inscrite dans l’apanage des petro-challengers. Cependant, par rapport à la lenteur que prennent les organes judiciaires sur ce dossier, la possibilité de mettre le mandat du président Moise en question n’est pas une chose à ignorer au cas où cela pourrait assurer équitablement l’instruction judiciaire de ce dossier. Les actes de violence et de vandalisme perpétrés par les gilets jaunes pendant leur dernière manifestation sont loin d’être une option pour les petrochallengers, cependant il y a bien des remarques pouvant nous permettre de croire qu’à tout moment, ce mouvement peut allumer la mèche destinée à faire exploser la poudre. Si rien n’est fait, toutes les évidences nous ont clairement montré que l’ordre du mouvement pourrait se changer et prendre une phase plus rude que celle d’autrefois.

Au fait, ces deux faits de société sont tout aussi analogues dans la perception des défenseurs de ces deux administrations. Les petrochallengers ont déjà réalisé deux grandes manifestations pour demander aux autorités judiciaires d’attaquer les dilapidateurs de ce fonds en justice. Même quand certaines d’entre-elles se montrent accuser par le coup, il n’y a, cependant, aucune action évidente déjà enregistrée pouvant nous faire croire qu’il y aura un véritable procès petrocaribe. Les autorités concernées, jusqu’à date, parlent de la pluie et du beau temps au sujet de la tenue du procés en dépit de ces deux gigantesques manifestations réalisées en date du 17 octobre et du 18 Novembre 2018. On trouve parmi les pourfendeurs de monsieur Jovenel MOISE, notamment, le représentant de la société de la juridiction de Port-au-Prince, Me Clamé-Ocnam Daméus affirmant qu’il n’existe même pas un dossier dénommé Petrocaribe, comme viennent de prononcer aussi les pourfendeurs d’Emmanuel Macron, notamment Elisabeth Borne qui a fortement argué, en défendant la politique du gouvernement, que la taxe carbone tant décriée par les «gilets jaunes» ne devrait pas être supprimée.

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En toute vraissemblance, on peut toujours rester sceptique à propos d’un satisfecit à l’issue de ces deux mouvements populaires, toutefois, le meilleur est à espérer. Malgré le boycottage de certains secteurs traditionnels de ces deux pays, ces mouvements pourront mobiliser plus d’adhérents à leur actif parce qu’ils sont devenus de plus en plus nombreux ceux qui sont les plus opposés à la politique de Jovenel MOISE et d’Emmanuel Macron. Ce faisant, ces deux présidents ont l’intérêt d’apporter une réponse rapide aux préoccupations de ces citoyens afin qu’ils puissent sauver leur mandat. Ce n’est pas une épreuve facultative pour eux. Du coup, cela pourra, en toute évidence, constituer l’une des causes d’une éventuelle avancée et victoire pour ces revandicateurs.

En guise de conclusion, nous affirmons que la démocratie, de manière quantitative, se définit comme étant le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Le terme peuple (du peuple et pour le peuple) désigne, selon Constantin Georgopoulos, l’ensemble des gouvernés et tous les ressortissants de l’Etat. Alors, il n’ y a/aura pas de démocratie sans la prise en charge de la volonté majoritaire et des revendications populaires. En démocratie, pour répéter ce viel adage, la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. Puisque ces deux peuples sont, donc, soumis sous l’egide de ce système politique, ces deux mouvements devraient, en ce sens, interpeller les élus incarnant la volonté générale et donner naissance à un service de médiation plus efficient entre les gouvernants et les gouvernés de ces deux Etas afin de trouver une issue favorable à cette éventuelle crise sociale et politique.

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