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17 novembre 2019

Qui sera le gagnant de la diversion politique ?

Par Carlens NAPOLEON.
-Le Philanthrope.
Temps de lecture: 1 mn 23 S.

En Haïti, le pouvoir est divisé. L’opposition est morcelée. Cependant, ce pouvoir et cette opposition ont chacun leur peuple. Quel peuple ? Ce peuple qui se retrouve dans un état de décrépitude complet, dans une misère réellement indescriptible et dans une parfaite incohérence d’action par rapport à sa situation d’attente.

Cet état de fait n’est que la résultante d’une pratique politique sans idéologie, sans conviction, sans idéal commun.
Par absence de cet itinéraire, le fait seulement de rentrer dans l’opposition ou dans le pouvoir de ce pays n’est qu’agir avec la plus grande soumission aux ordres d’une minorité apatride, putschiste, affairiste au détriment d’une majorité assoiffée d’une justice sociale non égale mais équitable. La diversion est le plus grand mécanisme politique utilisé pour détourner l’attention de la population sur les problèmes réels de la république.

Il devient aujourd’hui de plus en plus rare de trouver évoluer à l’intérieur du pays la femme, les fils et autres familles proches des hommes du pouvoir ou de l’opposition qui prétendent à agir au nom de ce peuple. Et ceci même dans de grandes occasions, ces derniers ont brillé par leur absence.

Comme l’école et l’Université n’existent que de nom ici, leurs progénitures s’en vont vers d’autres horizons pour avoir accès aux études.

En cas d’une maladie soudaine de ces leaders, patriotes, nationalistes, fils des héros de notre indépendance ou pas, ils seraient contraints de voyager, puisqu’ici, on a l’impression qu’on va à l’hôpital pour se faire mal soigner. Les soins que nous donnent les hôpitaux en Haïti, sont plus mortels que la maladie. C’est ainsi que peut se résumer la vie des hommes d’opposition et de pouvoir en Haïti. Sur ce, nous devons souhaiter un prompt rétablissement au sénateur Nawoom Marcelus qui est hospitalisé depuis plusieurs semaines à Jackson hospital à miami.

Bref! Quand la mobilité sociale, la vie décente, le bien-être et la condition matérielle d’existence ne nous sont plus une garantie, l’opposition ou le pouvoir servira toujours de cela pour agrandir leur capital politique.

D’ailleurs, tous deux n’ont rien à perdre. Ils sont tous les principaux bénéficiaires du statu quo. Puisque nos dèches, nos déboires, nos désenchantements et notre inexistence comme peuple constituent le socle de leurs discours à chaque campagne électorale, ils n’ont qu’à donc maintenir et soutenir tacitement cet état d’immobilisme afin qu’ils puissent exister politiquement.
C’est d’ailleurs dans l’absence de connaissance du peuple dont nous sommes qu’ils garantissent la présence de leur attitude de bluffeur et de politicard dont ils symbolisent dans l’arène politique.

En effet, dans la démocratie représentative le peuple est souverain. Aujourd’hui ou demain, la victoire n’est/sera qu’à lui.
Il revient tout simplement qu’il prenne son destin et son avenir en main quand les décisions de leurs gouvernants ne traduisent pas l’expression de la volonté générale comme exige la fin des actions démocratiques.

Quand devons-nous avoir les noms de ceux qui arment les gens dans les quartiers populaires? Après toutes ses diversions et manœuvres politiques, qui sera donc coupable dans l’affaire du ‹‹petro caribe››? Le peuple ou les accusés ? Il n’est que d’attendre le jour de l’éclatement social et du procès de ce crime pouvant considérer comme étant un crime de lèse-patrie.

Paru le 11 Avril 2018

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