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11 décembre 2019

Entre sentiment de déboire et doute face à l’avenir: la jeunesse, suivez mon regard!

Entre sentiment de déboire et doute face à l'avenir: la jeunesse, suivez mon regard! 1

Par : Jean Michelot Polynice
Le Cupidon

Depuis déjà des semaines, l’impasse qui existait ça fait des années en Haïti, devient un fait observable et incontestable par presque tout le monde, à l’exception des fanatiques peut-être. L’école ne fonctionne pas, pratiquement tout semble être dysfonctionnel, les rues de la capitale ainsi que celles des villes de province nous laissent dans une profonde affliction. Ces derniers jours, beaucoup de nos jeunes commencent à se questionner sur ce que va offrir l’avenir s’ils osent encore l’envisager dans un pays où l’éducation n’est même pas une garantie. Le constat est clair, l’indignation apparaît sur presque tous les visages. On a donc attendu ce qu’allait dire le président de la république, afin de savoir si le pays va retrouver son fonctionnement normal, et surtout si les élèves et les universitaires vont pouvoir reprendre leurs chemins habituels. Sans surprise, le président a parlé. Qu’a-t-il dit pour donner une réponse adéquate à la situation? Puisqu’il a si bien parlé du peuple et de la jeunesse, son discours va-t-il permettre aux filles et aux fils de la nation de retourner à l’école? Suivez mon regard.

L’accent doit se mettre beaucoup plus sur l’avenir du pays, sur l’ avenir de nos jeunes. Car, ils sont beaucoup ces jeunes qui continuent à envisager de laisser le pays pour un ailleurs inconnu, mais tristement plus certain. Pour la réouverture des classes, le président fait appel à la conscience citoyenne, en prétendant que c’est à nous de nous unir pour le permettre. Par ailleurs, la constitution (version contenant des dispositions amendées) dans son article 32 stipule que « L’État garantie le droit à l’éducation. L’enseignement est libre à tous les degrés. Cette liberté s’exerce sous le contrôle de l’ État. » On peut également consulter les articles 32-1 et 32-2 sur cette question. Ici, notre intérêt s’en va du côté des jeunes élèves et étudiants, du côté des enseignants, du côté des parents qui ont investi temps et argents pour l’ouverture des classes le neuf (9) septembre dernier, en un mot du côté de l’ avenir du pays.

Ainsi, en citant Edmond Paul dans son livre « les causes de nos malheurs » : « (…) pour lutter à enlever aux mains d’une fatale incapacité le sceptre du pouvoir Haïtien, il fallait descendre sans être escorté de l’ombre de ce qui s’appelle habituellement l’intérêt personnel ou l’ambition individuelle ». De ce fait, tout en mettant de côté nos intérêts personnels, nous espérons qu’une décision patriotique va permettre à ce que le pays retrouve son fonctionnement normal (suivez mon regard). Car, c’est ainsi que les jeunes pourront avoir un meilleur regard sur l’avenir. Faut-il encore attendre que le peuple se noie dans son propre sang avant de prendre cette décision patriotique? D’une façon ou d’une autre, l’histoire saura en juger.

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