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8 décembre 2019

Du rapport de la cour supérieure des comptes.

Du rapport de la cour supérieure des comptes. 1

Par Carlens NAPOLEON.
Le Philanthrope.
Temps: 2 minutes 45 S.

La fin de ce mois de Janvier sera marquée par l’émission du rapport de la cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. Offusqués par les différents actes de corruption enregistrés à l’intérieur de l’administration publiques, ils sont nombreux ceux qui attendent ce document dans l’objectif de savoir le contenu du travail effectué par la Cour supérieure des comptes au sujet du gaspillage flagrant des fonds accordés à Haïti par la république Vénézuelienne. Pascal Adrien, dans une courte interview, a annoncé que le rapport relatif à la gestion du fonds petrocaribe sera rendu public la semaine prochaine. En fait, que peut-on espérer de cette affaire?

Un éventuel rapport délivré par la cour supérieure des comptes risque d’être fragile. Cette fragilité est de deux ordres. D’une part, il y a l’attente intéressée et les idées préconçues de la population notamment les petrochallengers vis-à-vis de cette question. Et d’autres part, il y a l’institution administrative en question.

Il est vrai que les petrochallengers avancent qu’ils attendent le rapport de la cour supérieure des comptes, cependant, on sait très bien ce qu’ils imaginent d’avance. C’est d’ailleurs l’une des causes qui pourrait handicaper l’état d’avancement de ce dossier. Il y a tellement d’anticipations dans cette affaire, le rejet ou la contestation de ce document par certains secteurs traditionnels n’est pas inimaginable mais imminent. Ceux qui demandent des comptes à propos de la dilapidation de ces 3.8 milliards dollars prétendent qu’ils savent déjà le nom des dilapidateurs. Avec une telle attitude, le rapport de la cour supérieure des comptes pourrait faire l’effet d’une bombe dans la société, dans la mesure où, il ne reflète pas l’attente de ces demandeurs. Et rien ne dit que les soupçons et les présupposés que les petrochallengers ont eus, soient justifiés et valables. Alors, cela risque d’être un véritable bourbier.

Plus loin, la cour supérieure des comptes, comme institution autonome de l’Etat, n’inspire pas trop de confiances. Quelle que soit la nature du rapport délivré par cette institution, aucun avisé ne doit être surpris. Car, cet organe administratif a l’habitude de rendre des arrêt de quitus à des personnes à moralité douteuse et donner décharge à certains comptables de deniers publics qui ont fait l’objet de grave accusation. Entre la cour supérieure des comptes, la corruption, la gabegie administrative et la politique sans scrupule, il existe, depuis quelques années, une belle et une parfaite histoire d’amour. Cela ne devrait étonner personne si le contenu de cet éventuel rapport ne reflète pas la réalité et blanchit la majorité des corrompus et corrupteurs. Ce ne serait pas ridicule de croire que la cour supérieure des comptes pourrait émettre un rapport où elle arrivera à nous montrer par A+B l’innocence de tous les épinglés mentionnés dans le rapport sénatorial puisqu’on sait qu’en Haïti la corruption est institutionnalisée. Et cette institutionalisation de la corruption est garantie particulièrement par la CSC/CA.

En effet, si le délai imparti sera bel et bien respecté, les autorités en place devraient bien réfléchir pour connaire comment vont-elles se tirer de cette conjoncture politique altérable. Maintenant, il faut que les pourfendeurs de cette cause soient vigilants et capable de mesurer le contenu du rapport à l’aune de l’intelligence et de la compétence. D’autres en plus, il faut qu’ils soient en mesure de prendre toutes les dispositions nécessaires pour forcer les autorités judiciaires à démarrer le procès PetroCaribe comme il se doit.

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