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1 décembre 2021

Discours de Moïse Jean Charles qui devient aujourd’hui Docteur Honoris Causa de Cornerstone Christian University.

Discours de Moïse Jean Charles qui devient aujourd’hui Docteur Honoris Causa de Cornerstone Christian University.

Quiconque s’intéresse à la politique de Moïse Jean Charles sait combien son discours et ses actions ont une portée nationale et universelle. L’homme de gauche a su garder, malgré les innombrables risques, sa ligne politique fondamentale pour aller, dit-il, jusqu’au bout dans le but d’apporter la révolution économico-technologique en Haïti. C’est pourquoi en recevant ce 6 novembre 2021, le titre de « Docteur Honoris Causa », le représentant de la « gauche haïtienne » a donné un discours à la hauteur de son rang et de sa trempe. Voici le texte en intégralité:

Dr Ted Ridore, recteur de l’université Cornerstone, 

Dr Christine Valentine, Présidente de l’université Cornerstone, 

Sénateur Leslie Griffiths, membre de la délégation Britannique pour la commission Européenne des droits de l’homme,

Députée Roraima Gutiérrez Moreno, responsable de la Commission Internationale au parlement Venézuelien,

Corps professoral et étudiants de cette prestigieuse université,

Magistrat de North Miami, Paul Villard, 

Magistrat de Miramar,  Bonheur Jalls,

Hauts dignitaires haïtiens et étrangers qui ont répondu à l’invitation, 

Amis d’Haïti venant de divers Etats des USA et d’ailleurs, ici présents, 

Amis d’Haïti qui ont fait le déplacement,

Américains d’origine haïtienne présents avec nous,

Membres du PPPD présents dans la salle et tous les membres non présents,

Distingués invités, parents et amis, 

L’université a fait choix de moi pour recevoir le titre de « Docteur Honoris Causa », ce pourquoi je remercie avec chaleur et gratitude le comité de sélection. Ce faisant, l’université me gratifie, mais aussi, elle signale au monde la lutte que je mène pour garder vivante la flamme de l’idéal Dessalinien qui, si je dois le résumer succinctement serait : LA SOUVERAINETÉ NATIONALE, L’INTÉGRITÉ DU TERRITOIRE, L’UNITÉ NATIONALE, LA STABILITÉ ÉCONOMIQUE ET LA JUSTICE SOCIALE. 

L’empereur a mené et gagné la guerre de l’indépendance, faisant d’Haïti la première République noire indépendante de l’Amérique. Ces valeurs sont aujourd’hui recherchées et poursuivies par tous les peuples de la terre.  

Mon combat quotidien est de travailler à instaurer le rêve Dessalinien par une éducation nationale qui formera des citoyens imbus de leur culture, de leur histoire et de la richesse de leur terre, ce pour mieux servir Haïti dans sa quête d’indépendance économique !
Notre révolution n’a pas été gagnée pour qu’aujourd’hui le peuple haïtien ne soit pas à la fine pointe de l’ère numérique; aussi, cette éducation sera basée sur la science et la technologie.

Par un plan de déstabilisation savamment orchestré, nous avons manqué les grands rendez-vous de l’histoire et les avancées issues des grandes révolutions…Mes efforts sont pour que nous ne manquions pas celle liée à la technologie, commencée déjà depuis 1960, et pour laquelle nous accusons un inacceptable retard qui doit être comblé !

Nous haïtiens, nous sommes passés dans l’histoire comme un peuple solidaire, défenseur de la liberté et nous comprenons qu’il faut avoir des rapports harmonieux avec tous les peuples de la terre et que nous devons, au nom de la fraternité, nous aider mutuellement. 

Comme on le dit si bien dans notre langue vernaculaire « moun pa dwe viv kou chen a chat ». car, ces deux animaux, si ennemis naturels soient-ils, quand, obligés de vivre sous un même toit, ils trouvent un angle de fonctionnement pour cohabiter; ainsi devrait-il en être pour nous les humains; la planète est un espace commun et quelque soit nos différences, nous devons trouver le moyen de vivre en harmonie pour la paix et la prospérité dont nous avons tant besoin.

C’est un heureux événement que je reçoive aujourd’hui ce titre honorifique aux États Unis d’Amérique, avec lesquels nous avons une longue histoire de soutien indéfectible dans des périodes charnières de leur vie de peuple, luttant pour leur indépendance et leur souveraineté.

En effet, notre présence historique et glorieuse à Savannah en témoigne sans ambages. Je pense aussi à notre compatriote Jean Baptiste Pointe du Sable, fondateur de la ville de Chicago; et que dire de Pierre Toussaint, la belle figure qui s’éleva de l’indignité de l’esclavage pour devenir un grand travailleur social, bâtissant l’un des premiers orphelinats de New York. Je saisis l’occasion pour remercier les États-Unis de nous avoir donné ses cendres.

Notre économie, volet manqué de notre indépendance, pour des raisons connues des historiens, majoritairement liées à des problèmes qui ne dépendent pas de mes frères et sœurs haïtiens, doit impérativement changer de direction, comme précisé dans mon livret « le socialiste rénovateur ».

Mesdames, messieurs, distingués membres de l’université, permettez-moi de dédier cet honneur que j’accepte avec modestie, à ma famille, à tous les jeunes de mon pays, pour lesquels je rêve d’opportunités nouvelles, commençant par un système éducatif de qualité pour tous, adapté à la réalité du pays, sur les plans économique, politique, social et culturel. C’est l’école qui produit la nation !

Je dédie aussi ce titre honorifique à toutes les haïtiennes et à tous les haïtiens, incluant ceux vivant à l’étranger, la diaspora, dont l’apport économique est vital pour Haïti; Je le dédie autant à tous les laissés-pour-compte de mon pays et d’ailleurs, confrontés au problème de la faim. 

Les chiffres alarmants des différents rapports sur la situation de la faim dans le monde, exigent une action urgente : aujourd’hui, 821 millions de personnes environ souffrent de la faim; ce qui laisse croire que la faim fait plus de victimes que la guerre, le cancer et les catastrophes naturelles. Pourtant, d’après Olivier DE Schutter, ex-rapporteur de l’ONU, « la faim ne résulte pas d’un déficit de production à l’échelle de la planète, mais, de ce que les droits des plus pauvres sont violés dans l’impunité « , car les ressources disponibles peuvent nourrir 2 fois plus la population mondale estimée à 7.8 milliards.»

Il est clair que le problème de la faim réside dans une mauvaise distribution des richesses et d’un système économique injuste. Le droit de manger ne devrait pas être le privilège de certains peuples. La terre a les moyens de nourrir tous ses enfants, s’il y a une meilleure répartition des biens agricoles!

Aussi, nous souhaiterions tellement voir l’ONU, cette institution prestigieuse agir avec célérité pour résoudre le problème de la faim dans le monde et les autres inégalités qui maintiennent le sous-développement dans des domaines tels l’accès aux technologies et aux échanges scientifiques. La vocation de bâtisseur de paix de l’ONU lui donne mandat de veiller à cette juste répartition! La paix passe surtout par le bien-être de chaque être humain.

Pour conclure, à vous jeunes de mon pays et d’ailleurs, je dis : luttons ensemble pour bâtir un monde meilleur, en faisant quotidiennement ce qui est bien, bon, juste et moralement défendable!

Merci!

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