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21 août 2019

Désormais,c’est pas seulement le processus électoral,le remaniement est aussi contesté.

Par Carlens NAPOLEON
Le Philanthrope.
Temps de lecture: 2 mns 20 S.

On ne peut pas engendrer le développement d’un pays en vandalisant ses institutions. Quand l’irrespect de l’autorité de l’Etat, la méfiance, la cupidité, la médiocrité et le nombrilisme battent leur plein dans une société, nous sommes en droit de dire que cette dernière est totalement menacée dans son existence et dans son essence.

Quelques heures après l’arrêté présidentiel qui étoffe 5 nouveaux ministres dans la machine gouvernementale, certains parlementaires pètent les plombs. Mêmes les membres de la société civile crient au scandale et se montrent hostiles face à ce changement. La question du remaniement risque de plonger le pays dans une véritable crise lorsqu’on tient compte du sombre tableau qu’affichent les diverses tendances politiques vis-à-vis de cette décision.

Déjà, une association de 16 députés ont envoyé une sommation au premier ministre Jacques Guy LAFONTANT, dans l’objectif de voir s’il avait respecté minutieusement l’article 52.1 et 172.1 de la constitution. Nous voulons parler du député Printemps Bélizaire, Abel Descollines, Sinal Bertrand, Joseph Manes Louis, Jean Robert Bossé, Féquiere Denel Roger Millien, Alcide Odney,Deus Deronette, Gabriel Lionel, Julien Exantus Jean Marcel Lumérant, Enel Appolon, Franck Lauture, Bien Aimé Arodon et Charles Rodney, .

On ne sait pas ce que cette démarche pourrait nous apporter, cependant on ne doit pas espérer de changement réel au niveau de la population. Ici, on conteste tout. Mais ça se fait toujours, soit dans le but de détruire ou de nuire un secteur, mais jamais dans l’ordre de la construction. Les élections étaient le processus le plus contesté, mais aujourd’hui cette question n’est plus, c’est le remaniement qui est à l’ordre du moment.

La raison d’être de toutes ces contestations n’est que l’absence d’un projet collectif lié à la dimension de nos désirs comme peuple. C’est une république jalonnée du chacun pour soi. Certains hommes esclaves du statu quo rentrent dans l’opposition ou dans le pouvoir, pour qu’ils puissent stratégiquement exister au mépris du sort de la masse. Chacun de nos dirigeants cherche à confisquer la plus grande quantité de jouissances et de richesses possible du pays, sans s’occuper aux intérêts de la population.

A cet effet, le changement, le bien-être et le développement endogène d’Haïti seront loin d’être sautés aux yeux des haitiens avec ces genres de pratique. Les mangeurs d’homme sont au coeur du pouvoir et de l’opposition. En fin de compte, nous sommes pris au piège des politiciens de mauvaise augure, cachant leur crétinisme derrière des faits conjoncturels et sensationnels afin d’avoir une visibilité malproprement politique et économique. La seule chance qui nous reste pour sortir de ce bourbier est la souveraineté du peuple par rapport à cette grande quantité d’energumènes dépourvues d’humanité et de conscience patriotique. Si le peuple haïtien veut, il peut.

En effet, comme Etzer EMILE pense qu’Haiti a fait le choix de devenir un pays pauvre, est-ce que nous pouvons dire, à notre tour, que le peuple haitien a fait aussi le choix de tolérer ce mode de gouvernance fabriqué dans le laboratoire de ses politicards?

Paru le 25 Avril 2018

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