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8 décembre 2019

Ces comportements nous poussent en arrière

Ces comportements nous poussent en arrière 1

Par Carlens NAPOLEON.
Le Philanthrope.
Temps: 3 minutes.

La génération future aura à nous juger et personne n’arrivera à nous défendre correctement. Plus de deux siècles d’histoire, tout est galvaudé et même la limite que nous imposent la dignité et la fierté d’Homme est réduite à sa plus simple expression. De jour en jour, nous avons peu d’Hommes d’Etat dans l’espace du pouvoir et ces Hommes politiques n’arrêtent pas de saper tous les principes de base visant à conduire la population haïtienne vers un climat de vie acceptable.

Le chacun pour soi bat son plein en Haïti et le rêve de devenir une nation se transforme en cauchemar. Au lieu qu’on se regroupe, chacun cherche à sauver personnellement leur peau de cette situation infrahumaine et délétère. L’absence d’un plan global et d’un objectif commun fragilise notre vie de peuple et nous fait avoir un regard tourné vers le passé que l’avenir. A cet effet, l’haïtien d’aujourd’hui se contente à parler seulement de son passé historique et gigantesque. Pourtant, son présent et son futur restent à désirer car, il ne lui reste presque rien.

Le constat nous montre que l’administration publique est personnalisée au détriment du collectif. Le trésor public est considéré comme un compte d’épargne pour les grands commis de l’Etat. Ceci vous paraîtra un peu bizarre, mais avec des explications, vous finirez par comprendre la démarche. Au-delà de toutes les théories et les différents principes qui définissent le rôle et la fonction des Hommes dans l’appareil étatiques, parfois on se demande: pourquoi les autorités haïtiennes ne mènent pas la barque du pays comme elles se font pour leurs biens privés.

Prenons quelques exemples pour comprendre cette affirmation.

Nous avons des policiers et certains hommes de l’administration publique qui ont la possibilité et l’opportunité de manipuler les véhicules immatriculés: « Service de l’Etat ». Par manque de souci et de protection, la majorité de ces voitures, en moins de deux ans, ont passé dans un état tellement critiquables au point où elles ne peuvent pas assurer correctement leur service. Ils ont pris le plaisir à les saboter par rapport à l’indulgence affichée par l’Etat Haïtien à l’égard d’eux. Pourtant, ces mêmes policiers ou ces chauffeurs qui maltraitent les véhicules publics ont les leurs qui sont datés de plusieurs années et leur donnent des services jusqu’à présent grâce à leur redoutable précaution. Beaucoup de ces Hommes ne possèdent pas une égale sensibilité pour le bien public et pour le bien privé. Alors si chaque haïtien avait manifesté le minimum de sensibilité qu’il dégage pour leurs biens personnels en faveur de ceux de l’Etat, on aurait déjà eu une Haïti autrement. Prenons encore cet exemple.

Michel Joseph Martelly est un excellent musicien. Sa bande musicale a connu de nombreux succès sur la scène nationale et internationale. Certainement, cette mérite n’est pas un cadeau mais plutôt le fruit d’un travail réalisé. De par son sens de professionnalisme, Martelly a su mettre toutes les ressources de sa troupe à leur place afin de donner de bonnes performances lors des grandes ambiances festives. Ce même Martelly a brigué le plus haut poste de la Republique, pourtant il n’arrive pas à mettre les ressources disponibles à leur place pour que la gestion rationnelle de l’Etat et du trésor public soit faite. Au contraire, il se laisse noyé par le courant du népotisme.

Voilà le phénomène qui gangrène le pays et qui le plonge dans l’abîme. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, le népotisme n’est pas dans le comportement haïtien. Cela est tellement vrai, on ne le rencontre pas dans ses initiatives personnelles. L’ex-président Martelly, en aucun cas, ne prendra Sophia Martelly, son épouse, pour jouer à la guitare ou au piano pendant un spectacle ou un bal de Sweet Micky. Assurément, ce chanteur n’acceptera pas d’intégrer quelqu’un dans son groupe s’il n’est pas un talent sûr et ne mesure pas l’ampleur de sa tâche. Le pourquoi? Il sait très bien que son Jazz band a une obligation de service et de succès. Donc, l’erreur ne lui serait pas profitable. Un quelconque sentiment d’amitié ou familial ne sera pas suffi pour prendre le devant de la bande à Martelly. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il tonne, ce chanteur doit s’arranger à mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut afin de satisfaire son public. Mais paradoxalement, il a affiché un comportement contraire vis-à-vis de l’administration publique. Il n’ y a pas que Martelly.

Jean Bertrand Aristide a sa fondation et son université. En aucun cas, il n’emploiera un disqualifié pour administrer sa fondation et ne prendra des Hommes sans aucune compétences et qualifications pour enseigner à l’intérieur de son université. Comme professionnel, Aristide connait très bien qu’il a l’obligation de donner des résultats, faire preuve de probité et mettre en confiance ses adhérents.

Malheureusement, quand il s’agit de la sphère publique, nos dirigeants réfléchissent et font autrement au grand dam de la population haïtienne.

Aujourd’hui ou demain, cette conception doit être supprimée au sein de l’administration publique. On a beaucoup de gens qui ont réussi dans leur domaine privé alors qu’ils marchent d’échec en échec dans la gestion de l’Etat. Arrétez de croire qu’ils n’ont pas la capacité à gérer convenablement le service public. Sinon, on ne comprendra jamais que ce qui se passe aujourd’hui en Haïti est une action voulue et consentie. Ces citoyens à responsabilité s’entendent pour étouffer la République. Car, dans ce pays, les autorités n’ont pas l’obligation de donner des résultats et de fournir des services à la population. Elles n’ont aucune sensibilité pour les biens et le trésor public. Si nos dirigeants arriveront à devlopper un minimum de sentiment d’appartenance à la République comme elles se font pour leurs biens privés, la nouvelle Haïti sera une évidence que personne ne saurait nier. Maintenant la question qui nous reste à poser c’est: comment ôter le sentiment apatride de nos autorités pour les faire avoir un sentiment patriotique dans la gestion des choses publiques?

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