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8 décembre 2019

Au nom de la démocratie: Ne devrait-on pas dire non à la violence faite aux journalistes?

La brutalité contre des journalistes atteint une résonance inédite en Haïti. On ne passe pas une année sans ne pas enregistrer des agressions verbales ou physiques à l’encontre de ces derniers dans l’exercice de leurs fonctions. Le constat est grave et même gravissime. Plusieurs professionnels du métier témoignent qu’ils ont été la cible de certains policiers et leaders politiques lors des grandes manifestations populaires.

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Avec L’émergence de la démocratie, d’un bout du monde à l’autre, la question de la protection des journalistes, particulièrement ceux qui font leurs besognes dans des milieux tumultueux, reste au centre des discussions. Plusieurs textes ont été votés par des instances internationales en vue de permettre aux travailleurs de la presse de s’évoluer en toute quiétude. Les Nations unies ont emboîté le pas en adoptant une résolution par le Conseil de sécurité en décembre 2006. l’UNESCO également, dans sa Déclaration de Medellín, adoptée en mai 2007, appelle ses Etats membres à garantir l’évolution dudit métier. Sur leur territoire ou à l’étranger, plusieurs conventions et lois ont été signées en posant des balises pour éviter que les professionnels de la presse et le personnel coassocié ne soient pas bien dans leur peau pour avoir exercé librement leur activité professionnelle.

En dépit des efforts consentis au niveau régional et international, certaine fois on a l’impression qu’Haïti est quasiment à côté de la plaque. Les violences à l’encontre des travailleurs de la presse ne cessent de s’aggraver de jour en jour. Samedi 18 mai 2019, à Port-au-Prince, cette brutalité a pris une allure guindée. Le journaliste reporter d’image travaillant pour l’agence de presse KAPZY NEWS, François Frantz, a été violemment agressé par un agent du CIMO. Malgré le journaliste se mettait à l’affût de toute éventuelle intervention des agents de police au niveau de la foule, il a vu broyer son Smartphone et son trépied par ce policier alors qu’il filmait le déroulement de la manifestation.

Pour ceux qui suivent l’actualité sociopolitique à la loupe, ce phénomène ne leur sera pas nouveau. En toute évidence, on devrait condamner avec plus grande véhémence l’action horrible de ce policier. Aujourd’hui, c’est François Frantz qui est le dindon de la farce, demain ce sera un autre si on reste bouche bée.

Ces comportements effroyables ne font pas l’honneur de l’institution policière et fragilisent le fondement notre démocratie se reposant notamment sur le respect de la liberté de la presse. Car, la liberté d’expression, condition d’exercice des autres libertés reste l’épine dorsale de la démocratie.

Face à une telle situation, si la société haïtienne reste sans piper mot, les journalistes seront de plus en plus confrontées au risque d’être victimes de violences et d’agression de toutes sortes dans le cadre de leurs fonctions. D’ailleurs, il ne s’agit pas de Francois Frantz, c’est la liberté de la presse haïtienne qu’il faut questionner désormais par rapport à la réitéreration de cette attitude.

Dans un pays dit démocratique, il ne faut que l’un limite la liberté de l’autre en dehors de ce que disent les lois. La société en général doit s’adjoindre pour contrecarrer la recrudescence d’une telle pratique. Pour l’histoire de notre pays, pour le respect de notre dignité nationale, personne n’aimerait qu’un jour que certains journalistes se fassent accompagner de gardes du corps lorsqu’ils assurent la diffusion d’une mobilisation populaire. Par conséquent, il faut que chacun reste dans la limite de leurs compétences et professions pour garantir l’évolution de tout un chacun. Ainsi, nous faciliterons le travail des médias haïtiens et l’émergence de notre démocratie. Encore une fois, il faut dire Non à la violence faite aux journalistes.

Paru le 20 Mai 2019.

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