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26 juin 2022

Accepter la défaite pour tout rebalancer

Ce deuxième lundi du mois de Janvier, selon les voeux de la constitution, sera marqué par la fermeture de la session extraordinaire et l’ouverture de la première session ordinaire de l’année législative. (Const 1987. Art. 92-1 & 98-1). Ordinairement, on a l’habitude d’organiser une séance en assemblée nationale pour permettre au président de la République de délivrer son message à la nation. Il n’y a pas que le président. Le premier ministre et le parlement dans ses deux branches auront aussi la charge de présenter leur bilan au grand public.

Accepter la défaite pour tout rebalancer

Par Carlens NAPOLEON.
Le Philanthrope.
Temps: 2 minutes.

Que peut-on espérer d’obtenir?

Heureusement ou malheureusement, nous avons en Haïti des dirigeants politiques ayant de grandes cultures orales. Avec leurs verves oratoires, ils ont toujours quelques choses à dire mêmes s’ils ne mesurent pas l’ordre des choses. Ce faisant, même dans le vide, ils construiront un discours pour dresser un bilan sans tenir compte s’il correspondra à leur état actif. S’ils se présentent au parlement aujourd’hui dans l’objectif d’énumérer leur réalisation, ce sera un acte injuste et cynique de leur part. Car, aucun bilan n’est possible dans l’inaction et la propagande d’une administration. A ce moment pénible de notre histoire, il n’y a pas de mots exacts pour peindre la réalité dans laquelle la population se trouve.

Cette assemblée nationale apparaît comme un petit jeu de coquin présenté comme joué d’avance. On aura trouvé ce matin, en toute évidence, un président qui va jouer entre la promesse et la culpabilité, un premier ministre qui cherchera tous les mots du monde pour se justifier et des parlementaires cherchant à inventer des subterfuges forgés de toutes pièces pour montrer qu’ils soient fonctionnellement un corps legislatif valide. Dans leur prise de parole, ces acteurs n’arrêtent jamais de prendre les enfants du Bondieu pour des canards sauvages.

Avec la recrudescence de l’insécurité, un taux de chômage exagérée, des indicateurs macroéconomiques en rouge, la dégringolade de la gourde par rapport au dollar et la montée du prix des produits de première nécessité, les dirigeants politiques confirment qu’ils n’ont plus d’un tour dans leur sac. Ils sont essouflés et ne s’en sortiront point.

Face à cette banqueroute d’Etat, aucun dirigeant politique ou secteur ne peut se vanter. Qu’il soit dans l’opposition ou proche du pouvoir. Il faut le croire de cette façon pour sortir le pays au bord du gouffre. Tout est à refaire. Arrêtez de se battre pour des queues de cerises pour ne pas être dans un déni total de la réalité. Ce mode de gouvernance est échoué et ne peut plus donner de résultats. Il faut maintenant tout abandonner pour retourner à la case départ. Et c’est à cette phase-là que nous arrivons à démarrer le vrai dialogue national.

On ne peut pas pousser le bouchon un peu plus loin. L’Etat haitien dans ses trois composantes est échoué sur toute la ligne. C’est un constat. Ceci est certain: le législatif ne fonctionne pas, l’exécutif, lui-même, se trouve dans l’impossibilité d’assumer ses responsabilités, la justice, malgré son illustre importance, se prostitue. Alors de quoi on se parle? Si nous ne voulons pas faire un retour à la case départ, nous continuerons à marcher constamment à reculons.

A notre avis, cette séance en assemblée nationale devrait être un moment décisif pour définir les grandes perspectives de l’avenir pour éviter le pire. Nous réclamons, à tout prix, la trêve des discours pour rebrasser le domino. Sinon, ce mode de gouvernance continuerait à être la ruine d’Haïti.

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