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24 octobre 2021

1er et 2 janvier: deux dates des plus cruciales de l’histoire de notre NATION pour la vie et la liberté universelles

Par : Antoine Nérilus

Si les peuples les plus anciens accordent une grande importance aux dates marquant leurs prouesses, leurs combats de peuples, il leur fallut toujours un repère temporel auquel s’y accrocher et un prétexte astrologique, ésotérique, symbolique. En ce sens, le « quand » est pour nous un constant. Si chaque jour pour le peuple Horacien (Rome) était l’occasion de fêter leurs divinités, c’est ainsi que les historiens on pu retrouver dans l’ordre : Sol, Luna, Mars, Mercurius, Jupiter, Venus et Saturnus…Tout ceci, avant même que les chrétiens aient renommé le Sol, par exemple, en Dies Dominicus.

Les croyances ne sont pas universelles, car chacun conçoit Dieu et/ou les forces tutélaires aidantes à la manière de ses ancêtres, de ses aieuls et de ses aïeux, ce qui est juste et logique. Néanmoins, une drôle de ressemblance, une similitude étrange même, traverse les croyances d’un terroir à l’autre, d’un peuple à l’autre et les indices, les symbolismes, se retrouvent et se revoient jalonnant les époques glorieuses ou ternes ; avec des thèmes ou vocables liés à la mère nature tels le soleil, la lumière, la lune, les étoiles, les fleuves, les montagnes, les rivières, les monts, les vallées, les ravines, les bassins, les pics, les forts etc. C’est ce qui, d’ailleurs, advint dans le cadre de la révolution libératrice et indépendantiste faite par nos valeureux pionniers haïtiens, de la fin du 18ème et du début du vingt-et-unième siècle, qui surent jeter leur dévolu sur des jours pas innocents sur le plan rituélique pour commémorer ou célébrer pour la première fois leur triomphe en tant qu’intrépides héros et héroïnes. Jean Jacques Dessalines, Gabart, François Capois, la Vaillante Sanite Belair, Claire-Heureuse Félicité, Clerveaux, Rigaud, Grégoire et tout le reste du haut État Major ne furent pas dupes et agirent en de véritables Maîtres et Maîtresses ; dans le sens ésotérique de ces mots. Nos pères n’ont pas prié dans le noir mais sous l’égide d’astres radieux éternels et universalistes dans leur contribution.

La première proclamation de la liberté haitienne fut faite, un dimanche 29 novembre 1803 à Fort-Dauphin, devenu automatiquement Fort-liberté, vu la valeur de ce premier acte de proclamation héroïque, régionale, sur cet espace sacré du Grand Nord du prochain État libre, qui allait naître environ un mois quatre jours plus tard.

Ce fut encore un dimanche premier janvier 1804 que la proclamation à l’échelle nationale et à portée mondiale eut lieu aux Gonaïves en présence d’entités visibles et invisibles au jour du Soleil ( Sol) pour célébrer la victoire de plus de trois cents ans de luttes acharnées sans merci pour la liberté de l’Homme, tout court, quelles que furent ses origines, sa couleur, sa race, sa langue ou son ethnie.
D’ailleurs, c’est le père fondateur de la nation, lui-même, l’empereur Jean Jacques Dessalines, qui eut à offrir la terre d’Haïti comme refuge à tous les peuples opprimés du monde, pourvu qu’ils adhèrent aux principes et règles régissant le droit à la liberté inconditionnelle de l’homme à tous égards sur la terre sacrée du nouvel empire. Nos ennemis n’étaient pas nos ennemis à cause de leurs nationalités ou leurs langues mais à cause de leur soif inextinguible de sang, de leur cécité de nous voir nés libres et égaux en Droit, selon Dessalines, et tout fut dit ce dimanche 1er Janvier 1804, dans le plus grand discours libérateur que l’humanité ait jamais connu, sous un Soleil éclatant, un soleil impartial dans la distribution de ses rayons ce jour-là ; un soleil purificateur d’âme, réparateur d’essence humaine détruite durant des millénaires, des siècles, un soleil de plomb, donc lourd en valeur historique universelle.

Le lendemain, le (Luna) lundi 2 janvier 1804, est tout aussi resté gravé dans l’âme haytienne, au regard de nos traditions de peuple qui honore non seulement ses aïeuls (grands-parents des lignées maternelle et paternelle) mais aussi et surtout ses aïeux ( Les combattants qui ont libéré notre terre du joug esclavagiste pluriel). Ce n’est pas pour rien qu’à nos jours, dans beaucoup de « lakou », haytiens, les aïeux et les aieuls sont toujours à l’honneur, quoique dans leur sépulcre depuis des siècles, des décennies, chaque jour, mais surtout le 2 janvier. Le 2 janvier, ce jour consacré aux aïeux, ce lundi d’après la proclamation et la présentation de la jeune nation libre et indépendante. C’est une tradition, donc ineffaçable. S’il s’avère un fait que les flots dévorants culturels d’outre-mer tendent toujours à effacer ces deux jours et dates de notre tableau de peuple, il est aussi vrai que la vérité historique et culturelle a la vie dure. Et dès qu’on perd son histoire de peuple, on perd automatiquement sa nature et son avenir d’humain respectueux de soi-même.

D’ailleurs, on existe comme peuple que par son histoire et sa culture, dans toutes leurs façades.

Les fondateurs et fondatrices de cette nation ne l’ont pas misé sur du sable mouvant mais sur du roc et selon la géométrie sacrée émanant du soleil père-mère, géniteur/trice, et de la lune père-mère, deux astres directeurs et insaisissables chez les peuples les plus anciens mais chez nous aussi, créateurs du concept liberté universelle sans sectarisme.

Nos géomètres ont jeté les bases du temple de la liberté et personne n’en pourra secouer le toît, turpitudes momentanées ou séquentielles, cette nation se relèvera pour faire corps au centre de sa gestation, au soleil sans âge, au soleil et à la lune incolores.

Tôt ou tard, ce peuple reprendra ses droits d’aînesse en matière d’autonomie, de liberté pluridimensionnelle, et en jouira à nouveau et ensuite propulsera ses fils et filles au faîte de la gloire mondiale, par les noms sacrés du Sol, du soleil, de Luna, de la lune transcendant temps, espaces et lieux. Le peule d’Haïti est né en de bonnes mains, dans une synergie duale forte feu-eau, sur une terre solide où la liberté se respire comme de l’air, de façon automatique. La base.

Bonne fête de l’indépendance et bon jour des aïeux à tous les Haïtiens et à tous ceux qui, loin de chez nous, croient au respect de l’être Humain ; aussi loin qu’ils soient aux confins de la terre, dans le sens Dessalinien, qu’ils célèbrent !

Auteur : Antoine Nérilus, enseignant, politiste, poète, 1er janvier 2021.

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