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4 octobre 2022

Me. Newton Louis St Juste met en garde le New York Times en ce qui concerne les sources utilisées pour écrire des articles sur le dossier de Jovenel Moïse

Dans une quatrième lettre adressée le lundi 7 février 2022 au Rédacteur en chef du New York Times, Dean Baquet, l’avocat Newton Louis St Juste prend une nouvelle fois acte de ce que le journal américain s’est totalement démarqué de la piste d’investigation présentée par la journaliste Maria Abi-Habib sur l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse dans ses deux articles parus les 21 aout et 12 décembre 2021 liant cet assassinat au trafic de drogue pour embrasser la ligne d’investigation actuellement pendante par devant la Justice haïtienne et américaine, selon laquelle le complot qui a abouti à l’assassinat odieux de l’ancien Président Jovenel Moïse a été planifié aux Etats-Unis par des américains et supporté en Haïti par des personnes appartenant à plusieurs secteurs.

Me. Newton Louis St Juste met en garde le New York Times en ce qui concerne les sources utilisées pour écrire des articles sur le dossier de Jovenel Moïse

Toutefois, l’avocat continue de questionner la crédibilité des sources utilisées le New York Times pour écrire et publier des articles sur cet assassinat. Par exemple, selon lui, le dossier de Jovenel Moise relève de la Souveraineté Nationale et de la Sécurité Intérieure d’Haïti, et est par conséquent est soumis aux normes internes les plus strictes en ce qui concerne la couverture par la presse de l’enquête en cours en Haïti.  

En ce sens,  Me. St Juste a fait remarquer au New York Times que dans trois articles déjà publiés sur cet assassinat, les journalistes Maria Abi-Habib et Anatoly Kurmanaev ont utilisé le mot ‘‘Officiel(s)’’ plus de 34 fois sans que les noms de ces Officiels n’aient été précisés ni les institutions auxquelles ils sont affectés relatées, alors que les premiers éléments de l’enquêté révèlent que les plus Hautes Sphères de l’Etat haïtien ont participé à la planification et à l’exécution de ce crime. Donc,  selon l’homme de loi, tout laisse croire que ces Officiels utilisés comme sources peuvent être les bénéficiaires de cet assassinat et peuvent chercher à brouiller les pistes de l’enquête via l’opinion publique.
Me. St Juste termine sa lettre en formulant des réserves sur la crédibilité de ces Officiels utilisés comme sources par le New York Times dans ses articles sur l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse et en réitérant sa demande d’enquête sur les motivations de madame Maria Abi-Habib formulée depuis le 27 décembre 2021.

Kapzy News vous invite ses lecteurs à lire cette lettre dans son intégralité en français, anglais et espagnol.

Version française :
Port-au-Prince, Haïti, 7 février janvier 2022
Monsieur Dean Baquet
Rédacteur en chef du New York Times,
 
Dans mes lettres en dates de 27 décembre 2021, de 4 et 11 janvier 2022,  j’ai questionné la piste d’investigation présentée par madame Maria Abi-Habib sur l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse dans ses deux articles parus les 21 aout et 12 décembre 2021, titrés ‘‘He Guarded Haiti’s Slain President. And He’s the Target of a Drug Inquiry’’ et ‘‘Haiti’s Leader Kept a List of Drug Traffickers.  His assassins came for it’’, selon laquelle cet assassinat était lié au trafic de drogue.

Il plausible de constater que le New York Times s’est écarté de cette ligne d’investigation dans l’article paru le 4 janvier 2022, écrit par les journalistes Anatoly Kurmanaev et Frances Robles, titré ‘‘U.S charges a Suspect in Assassination of Haiti’s President’’. Cette même tendance a pu être remarquée dans l’article écrit par le journaliste Anatoly Kurmanaev,  publié le 10 janvier 2022 et titré : ‘‘Haitian Prime Minister Had Close Links With Murder Suspect’’. En d’autres termes, dans ces deux articles, le New York Times rejette la piste de la journaliste Maria Abi-Habib liant cet assassinat au trafic de drogue et épouse la ligne d’investigation actuellement pendante devant la Justice haïtienne et américaine, après enquête conjointe de la Police Nationale d’Haïti et du Federal Bureau of Investigation (FBI), selon laquelle le complot qui a abouti à l’assassinat odieux de l’ancien Président Jovenel Moïse a été planifié aux Etats-Unis par des américains et supporté en Haïti par des personnes appartenant à plusieurs secteurs.

Toutefois, sans m’attarder sur le mobile des journalistes susmentionnés et le fait que le New York Times n’a jusqu’à présent expliqué le lien entre ces deux pistes d’investigation présentées à ses lecteurs, je veux attirer votre attention sur trois faits qui devraient guider votre intérêt incessant à écrire et publier des articles sur ce dossier :

1-         D’abord, il est un principe universel que le journaliste ne peut être forcé de révéler ses sources. Cependant, ce principe n’est pas absolu. Par exemple, lorsqu’il s’agit de la Souveraineté Nationale et de la Sécurité Intérieure d’un pays, les libertés peuvent se voir imposer des limites. Et, l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse étant une atteinte sans précèdent à la Souveraineté d’Haïti ayant davantage affecté sa Sécurité Intérieure déjà fragilisée par des crises de toutes sortes, se range dans la catégorie des sujets dont la couverture par la presse est conditionnée par les Impératifs de la Souveraineté Nationale et de la Sécurité Intérieure. A titre de rappel, ce crime transnational, planifié aux Etats-Unis, exécuté par des militaires étrangers ayant utilisé les territoires de plusieurs pays, est un véritable Acte de Guerre condamné avec la dernière rigueur par la Résolution 3314 adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 14 décembre 1974.

A ce titre, les reportages et articles de presse sur un tel évènement sont assujettis aux normes internes les plus strictes. De plus, il est préoccupant de constater que dans les articles déjà publiés par le New York Times sur cet assassinat, écrits par les journalistes Maria Abi-Habib et Anatoly Kurmanaev, le mot ‘‘Officiel(s)’’ été utilisé plus de 34 fois sans que les noms de ces Officiels n’aient été précisés ni les institutions auxquelles ils sont affectés relatées. Or,  les premiers éléments de l’enquêté révèlent que les plus Hautes Sphères de l’Etat haïtien ainsi que des personnes appartenant aux secteurs vitaux de la Société haïtienne ont participé à la planification et à l’exécution de ce crime odieux. Donc, tout laisse croire que ces prétendus Officiels utilisés comme sources peuvent être les bénéficiaires de cet assassinat et peuvent être enclins à brouiller les pistes de l’enquête par l’entremise de l’opinion publique en utilisant la renommée d’un journal comme le New York Times.

2-         Ensuite, compte tenu de la complexité de ce crime et la pluralité des personnes qui y sont impliquées en Haïti et ailleurs, les sources peuvent manipuler des journalistes dans le but de cacher l’identité des auteurs intellectuels. Dans ces conditions, la responsabilité pénale du New York Times et de ses reporters peut être engagée comme auteurs intervenant après la perpétration du crime aux fins d’aider les personnes qui l’ont financé et planifié à échapper aux poursuites judiciaires.

3-         Enfin, l’utilisation des sources intéressées ou non crédibles peuvent s’assimiler à un acte de complicité qui peut entrainer des poursuites judiciaires en Haïti et ailleurs contre le New York Times et ses journalistes, d’autant plus que les actes qui ont abouti à l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse sont prévus et punis par les articles 63 et 241 du Code Pénal haïtien.

Je terminerai en formulant les réserves les plus fortes sur la crédibilité des soi-disant Officiels utilisés comme sources par le New York Times dans ses articles sur l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse et en réitérant ma demande d’enquête sur les motivations de madame Maria Abi-Habib formulée le 27 décembre 2021.
Newton Louis St Juste, avocat
 
Version anglaise :
Port-au-Prince, Haiti, February January 7, 2022
Mr. Dean Baquet
Chief Editor of the New York Times,
In my letters dated December 27, 2021, January 4 and 11, 2022, I questioned the line of investigation presented by Mrs. Maria Abi-Habib on the assassination of former President Jovenel Moïse in her two articles published on August 21,  2021 and December 12, 2021, titled  »He Guarded Haiti’s Slain President.  And He’s the Target of a Drug Inquiry » and  »Haiti’s Leader Kept a List of Drug Traffickers.  His assassins came for it”, according to which this assassination was linked to drug trafficking.
It is plausible to note that the New York Times run counter to this line of investigation in the article published on January 4, 2022, written by journalists Anatoly Kurmanaev and Frances Robles, titled  »US charges a Suspect in Assassination of Haiti’s President ‘‘. This same trend could be noticed in the article written by journalist Anatoly Kurmanaev, published on January 10, 2022 and titled: “Haitian Prime Minister Had Close Links With Murder Suspect”. In other words, in these two articles the New York Times rejects the investigative track of the journalist Maria Abi-Habib linking this assassination to drug trafficking and espouses the line of investigation currently pending before the Haitian and American Justice, after joint investigation of the Haitian National Police and the Federal Bureau of Investigation (FBI), according to which the plot which culminated in the heinous assassination of former President Jovenel Moïse was planned in the United States by Americans and supported in Haiti by persons belonging to several sectors.
However, without dwelling on the motive of the aforementioned journalists and the fact that the New York Times has so far failed to explain the connection between these two lines of inquiry presented to its readers, I want to draw your attention to three facts that should guide your incessant interest in writing and publishing articles on this matter:
1- Firstly, it is a universal principle that the journalist cannot be forced to reveal his sources.  However, this principle is not absolute.  For example, when it comes to the National Sovereignty and Internal Security of a country, freedoms can be limited.  And, the assassination of former President Jovenel Moïse, being an unprecedented attack on the Sovereignty of Haiti, having more affected its Internal Security already weakened by crises of all kinds, falls into the category of subjects whose coverage by the press is conditioned by the Imperatives of National Sovereignty and Internal Security.  As a reminder, this transnational crime, planned in the United States, carried out by foreign militaries having used the territories of several countries, is a real Act of War condemned with the utmost rigor by the Resolution 3314 adopted by the General Assembly of the United Nations in December 14, 1974. As such, reports and press articles on such an event are subject to the strictest internal norms. Moreover, it is worrying that in the articles already published by the New York Times on this assassination written by the journalists Maria Abi-Habib and Anatoly Kurmanaev the word « Official(s)” was used more than 34 times, without neither these Officials names having been specified nor the institutions to which they are assigned reported.  However, the first elements of the investigation reveal that the Highest Spheres of the Haitian State as well as people belonging to the vital sectors of Haitian society participated in the planning and execution of this heinous crime. That being so, everything leads to believe that these so-called Officials used as sources can be the beneficiaries of this assassination and can be inclined to confuse the tracks of the investigation through public opinion by using the reputation of a newspaper like the New York Times.
2- Secondly, given the complexity of this crime and the plurality of people involved in Haiti and elsewhere, sources can manipulate journalists in order to hide the identity of the intellectual authors. Under these conditions, the criminal responsibility of the New York Times and its reporters can be engaged as perpetrators intervening after the commission of the crime for the purpose of helping those who financed and planned it to escape legal proceedings.
3- Finally, the use of interested or non-credible sources can be assimilated to an act of complicity which can lead to legal proceedings in Haiti and elsewhere against the New York Times and its journalists, all the more so, the acts which have resulted in the assassination of former President Jovenel Moïse are provided for and punished by articles 63 and 241 of the Haitian Penal Code.
I will conclude by expressing my strongest reservations about the credibility of the so-called Officials used as sources by the New York Times in its articles on the assassination of former President Jovenel Moïse and by reiterating my request for an investigation into the motivations of Mrs. Maria Abi -Habib formulated on December 27, 2021.
Newton Louis St Just, lawyer
 
Version espagnole :
 
Puerto Principe, Haití, febrero 7 de enero de 2022
Sr. Dean Baquet
Editor del New York Times,
En mis cartas de fecha 27 de diciembre de 2021, 4 y 11 de enero de 2022 cuestioné la línea de investigación presentada por la señora Maria Abi-Habib sobre el asesinato del expresidente Jovenel Moïse en sus dos artículos publicados el 21 de agosto y el 12 de diciembre, 2021, titulado  »Él custodió al presidente asesinado de Haití.  Y es el objetivo de una investigación sobre drogas » y  »El Líder de Haití mantuvo una lista de narcotraficantes. Sus Asesinos vinieron a por ellos”, según el cual este magnicidio estaría vinculado al narcotráfico.
Es plausible señalar que el New York Times se desvió de esta línea de investigación en el artículo publicado el 4 de enero de 2022, escrito por los periodistas Anatoly Kurmanaev y Frances Robles, titulado  »EE.UU. acusa a sospechoso de asesinato del presidente de Haití ».  Esta misma tendencia se pudo notar en el artículo escrito por el periodista Anatoly Kurmanaev, publicado el 10 de enero de 2022 y titulado: “Primer ministro haitiano tenía estrechos vínculos con sospechoso de asesinato”.  En otras palabras, en estos dos artículos, el New York Times rechaza la pista de la periodista Maria Abi-Habib vinculando este magnicidio con el narcotráfico y abraza la línea de investigación actualmente pendiente ante la Justicia haitiana y estadounidense, tras investigación de la Policía Nacional de Haití y el Buró Federal de Investigaciones (FBI), según el cual el complot que condujo al atroz asesinato del expresidente Jovenel Moïse fue planeado en Estados Unidos por estadounidenses y apoyado en Haití por personas de varios sectores.
Sin embargo, sin detenerme en el motivo de los periodistas antes mencionados y el hecho de que el New York Times hasta ahora no ha logrado explicar la conexión entre estas dos líneas de investigación presentadas a sus lectores, quiero llamar su atención sobre tres hechos que deben orientar su incesante interés por escribir y publicar artículos sobre este tema:
1- Primero, es un principio universal que el periodista no puede ser obligado a revelar sus fuentes.  Sin embargo, este principio no es absoluto.  Por ejemplo, cuando se trata de la Soberanía Nacional y Seguridad Nacional de un país, las libertades pueden ser limitadas.  Y el asesinato del expresidente Jovenel Moïse siendo un ataque sin precedentes a la Soberanía de Haití al haber afectado aún más su Seguridad Interior ya debilitada por crisis de todo tipo, entra en la categoría de temas cuya cobertura periodística está condicionada por los Imperativos de la Soberanía Nacional y de la Seguridad Interior.  Como recordatorio, este crimen transnacional, planeado en los Estados Unidos, llevado a cabo por soldados extranjeros que han utilizado los territorios de varios países, es un verdadero Acto de Guerra condenado con el mayor rigor por la Resolución 3314 adoptada por la Asamblea General de las Naciones Unidas el 14 de diciembre de 1974. Por lo tanto, los reportajes y artículos de prensa sobre tal evento están sujetos a las más estrictas normas internas.  Además, es preocupante que en los artículos ya publicados por el New York Times sobre este asesinato, escritos por los periodistas Maria Abi-Habib y Anatoly Kurmanaev, el término « Oficial(es) » fue usado más de 34 veces sin que los nombres de estos oficiales se hayan especificado ni se relacionen las instituciones a las que están adscritos.  Sin embargo, los primeros elementos de la investigación revelan que en la planificación y ejecución de este atroz crimen participaron las más altas esferas del Estado haitiano así como personas pertenecientes a los sectores vitales de la Sociedad haitiana.  Entonces, todo hace pensar que estos supuestos Oficiales utilizados como fuentes pueden ser los beneficiarios de este magnicidio y pueden tender a confundir las pistas de la investigación a través de la opinión pública al utilizar la reputación de un periódico como el New York Times.
2- Entonces, dada la complejidad de este crimen y la pluralidad de personas involucradas en él en Haití y en otros lugares, las fuentes pueden manipular a los periodistas para ocultar la identidad de los autores intelectuales.  En estas condiciones, la responsabilidad penal del New York Times y sus reporteros puede verse comprometida como autores que intervinieron después de la comisión del crimen con el fin de ayudar a quienes lo financiaron y planearon a escapar de los procesos judiciales.
3- Finalmente, el uso de fuentes interesadas o no creíbles puede asimilarse a un acto de complicidad que puede dar lugar a procesos judiciales en Haití y en otros lugares contra el New York Times y sus periodistas, especialmente porque los actos que han resultado en el asesinato del expresidente Jovenel Moïse están previstos y sancionados por los artículos 63 y 241 del Código Penal haitiano.
Terminaré expresando las más enérgicas reservas sobre la credibilidad de los presuntos Oficiales utilizados como fuentes por el New York Times en sus artículos sobre el asesinato del expresidente Jovenel Moïse y reiterando mi petición que se investiguen las motivaciones de la Sra. Maria Abi-Habib formulada el 27 de diciembre de 2021.
Newton Louis St Just, abogado

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